Projet de loi 64 Canada : tout savoir sur cette législation majeure en 2025

En septembre 2022, le paysage a changé radicalement : toutes les entreprises du Québec ont désormais l’obligation de nommer un responsable de la protection des renseignements personnels, sous peine de sanctions financières jamais vues jusque-là. Le consentement ne se résume plus à une formalité : il s’agit d’un processus exigeant, balisé par des règles juridiques strictes.La Loi 25 ne laisse pas la place à l’approximation. Gérer un incident de confidentialité ? Désormais, il faut le consigner, le déclarer dans les délais, et tenir des registres précis. Certaines exceptions introduites par ce texte bousculent les habitudes, notamment chez les PME ou les organismes publics.

La loi 25 au Québec : une nouvelle ère pour la protection des données

La loi 25, issue du projet de loi 64 Canada, impose un rythme inédit au secteur privé québécois. La gestion des renseignements personnels cesse d’être un simple argument marketing : elle s’érige en devoir incontournable, synchronisé avec les standards internationaux les plus pointus. Impossible désormais de faire semblant : chaque organisation, petite ou grande, doit retrousser ses manches et entrer dans une logique de preuves concrètes.

L’application progressive de cette nouvelle loi réinvente tout le rapport à la protection de la vie privée. Il ne suffit plus d’attribuer un titre honorifique : le responsable de la confidentialité doit être actif, suivre chaque incident, renforcer et documenter le recueil du consentement. On réclame désormais de la substance : des registres exacts, des analyses de risques en bonne et due forme, une transparence totale envers les personnes concernées.

Trois nouvelles obligations structurent maintenant le quotidien de toute organisation :

  • Désigner un responsable affiché et facilement identifiable pour piloter la protection des renseignements
  • Mettre en place, puis actualiser des registres d’incidents, avec une déclaration rapide au moindre problème
  • Gérer de près le droit à l’oubli et contrôler avec attention les transferts de données personnelles hors du Québec

Face à tant de rigueur, les sanctions suivent : jusqu’à 25 millions dollars ou 4 % du chiffre d’affaires mondial. Le Québec trace ainsi la voie en matière de loi de protection à la frontière de la technologie et du droit fondamental à la vie privée. Anticiper, documenter, sécuriser deviennent les nouveaux réflexes à inscrire dans l’ADN de toute organisation. La protection de la vie privée quitte le registre des obligations pour s’imposer comme atout de confiance et de réputation, un facteur de différenciation sur le marché canadien.

Quels changements concrets pour les entreprises en 2025 ?

Le projet de loi 64 Canada met chaque entreprise du secteur privé face à une nouvelle réalité. Difficile d’esquiver la question de la protection des données : un vrai chantier s’ouvre autour de la gestion des données personnelles.

Des chantiers inévitables

Afin de se conformer à la nouvelle donne, plusieurs axes de travail s’imposent :

  • Revoir de fond en comble les politiques de protection des renseignements internes et les processus de recueil du consentement
  • Mettre en place un suivi précis et traçable de l’usage et de la circulation des renseignements et documents
  • Consigner systématiquement tous les incidents qui concernent la protection des renseignements

Pour de nombreuses PME, la désignation d’un responsable de la protection des renseignements marque un vrai tournant : il n’est plus question d’agir à tâtons, tout doit être structuré et formalisé. Les sociétés de plus grande taille renforcent la synergie entre les pôles juridiques, IT, opérationnels. Chaque acte, chaque consentement, chaque traitement de données personnelles doit pouvoir être justifié et retracé sans faille.

La protection des données devient bien plus qu’un simple dossier informatique. Elle détermine la possibilité même d’accéder à certains services et marchés. Clients comme partenaires exigent des garanties solides sur la conservation, la suppression et l’archivage des documents. La capacité à anticiper les risques liés à la confidentialité s’impose comme indicateur de sérieux et d’engagement.

Avec la montée des contrôles et des audits, la discipline dans la gestion de la protection des renseignements s’intensifie. Il ne s’agit plus d’une option, mais bien d’un passage obligé pour exercer au Québec.

Ce que la conformité implique au quotidien : obligations, droits et sanctions

La loi de protection des renseignements impose désormais sa cadence au secteur privé. Il faut savoir précisément où circulent les données, qui en dispose, comment les consentements sont gérés. L’improvisation dans la gestion des renseignements et documents électroniques n’a plus sa place. À chaque incident, chaque requête d’accès ou de retrait de consentement, la réponse doit être immédiate, justifiée et documentée.

Pour le citoyen, le champ des droits s’est véritablement élargi : accès permanent à ses informations, rectification, effacement complet. Le commissariat à la protection de la vie privée intensifie sa surveillance, entraînant une hausse des plaintes. Les entreprises se doivent d’être capables de démontrer leur rigueur : sécurité, traçabilité, respect des engagements. Chaque manquement se paie cher.

L’atteinte à la vie privée n’est plus théorique. Les sanctions administratives peuvent grimper très haut en cas de négligence répétée. Le commissariat à la protection de la vie privée focalise son attention sur les failles de sécurité et la rapidité de notification.

Obligation Droit Sanction
Informer et documenter Accès, rectification, effacement Amende administrative
Gérer les incidents Plainte auprès du commissariat Sanctions pénales possibles

Pour répondre à toutes ces obligations, il faut repenser le mode de fonctionnement : organiser la formation des équipes, mettre en place des audits réguliers, instaurer des procédures d’intervention. Peu à peu, cette culture de conformité irrigue toute l’entreprise, bien au-delà de la seule technique.

Des solutions pour faciliter la gestion de la vie privée et anticiper les défis

La gestion de la protection de la vie privée ne peut plus se contenter de quelques mentions en bas de page ou d’un simple fichier Excel. Aujourd’hui, les outils spécialisés sont en plein essor. Plateformes dédiées à la protection des données, logiciels de suivi du consentement, systèmes automatisés pour notifier les incidents : l’offre grandit, stimulée tant par la loi que par l’urgence d’agir efficacement.

La technologie devient en quelque sorte la meilleure alliée des organisations. Les solutions de gestion des données offrent désormais une vision claire des flux, aident à détecter les failles, sécurisent et centralisent la documentation. On trouve sur le marché des modules taillés sur mesure pour les exigences propres à la politique de protection des renseignements, capables de gérer la traçabilité des demandes, qu’il s’agisse d’un client ou d’un salarié.

Le véritable enjeu dépasse la conformité réglementaire : il s’agit d’installer durablement la confiance. L’heure est à la collaboration rapprochée entre juristes et informaticiens, qui articulent ensemble procédures et maîtrise technique pour bâtir des pratiques robustes et durables.

Voici quelques habitudes à ancrer pour structurer cette transition :

  • Organiser des audits réguliers sur les processus de gestion des données
  • Déployer une formation performante, adaptée à chaque équipe
  • Assurer une veille constante sur l’application de la loi et l’évolution des obligations réglementaires

La prudence, désormais, doit être la règle. Les risques évoluent sans cesse, tout comme les attentes des citoyens. Adapter ses outils, évaluer la fiabilité de ses partenaires, actualiser sa politique de protection des renseignements : piloter le chantier de la gestion de la protection de la vie privée, c’est préparer son entreprise à résister et à prospérer.

Au bout du compte, les entreprises qui s’approprient ce changement ne se contenteront pas de suivre la loi : elles gagneront en crédibilité. Elles seront attendues au tournant, et seules celles qui iront jusqu’au bout tiendront la distance.

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