Groupe GiFi : à quel groupe appartient la marque ?

La holding GPG, propriété de la famille Ginestet, contrôle l’enseigne GiFi depuis sa création en 1981. Malgré sa place de leader sur le marché français du discount non alimentaire, le groupe fait face à une baisse persistante de fréquentation et à une pression accrue de ses concurrents.

En 2023, la situation financière du groupe a nécessité la fermeture de plusieurs magasins et la révision de sa stratégie commerciale. Les décisions actuelles du management soulignent l’ampleur des difficultés rencontrées et l’urgence de trouver de nouveaux leviers de croissance pour assurer la pérennité de l’enseigne.

Gifi : origines, développement et identité du groupe

Villeneuve-sur-Lot, sud-ouest de la France, 1981 : c’est là que Philippe Ginestet pousse la porte du premier magasin Gifi. Son intuition ? Offrir un choix inédit d’articles pour la maison, la famille et les loisirs, à des tarifs accessibles à tous. Rapidement, le slogan « Des idées de génie » entre dans le langage courant des chasseurs de bonnes affaires.

L’histoire du groupe Philippe Ginestet s’écrit à la faveur d’une croissance menée tambour battant et d’une implantation progressive sur tout le territoire. Les magasins Gifi essaiment d’abord dans le sud-ouest avant de couvrir la France entière. Cette stratégie : aller au plus près des consommateurs, que ce soit dans les zones commerciales en périphérie ou au cœur de villes moyennes. Année après année, Gifi devient l’un des noms qui comptent sur le marché du discount non alimentaire.

Philippe Ginestet, fondateur et dirigeant, reste l’architecte de chaque étape : il cultive une culture d’entreprise portée par la réactivité, l’innovation et l’enracinement local. Le siège social, toujours basé à Villeneuve-sur-Lot, témoigne de ce choix de fidélité à la région d’origine, tout comme le site de Saint-Sylvestre-sur-Lot.

Quelques repères suffisent à mesurer la progression : plus de 500 magasins à travers la France, plus de 6 000 salariés mobilisés au quotidien. L’enseigne mise sur des concepts variés et des rayons spécialisés, renouvelant sans cesse ses prix attractifs. Le groupe diversifie aussi ses activités, en développant par exemple le complexe hôtelier Stelsia, tout en gardant le cap sur sa vocation initiale : proposer des produits séduisants et accessibles, adaptés à l’air du temps, pour un public large.

À qui appartient réellement la marque aujourd’hui ?

Depuis plus de quarante ans, Gifi fait figure d’exception dans le paysage de la grande distribution française : la marque appartient toujours à la même famille. Le Groupe Philippe Ginestet (GPG) détient et pilote l’enseigne, sous la houlette de Philippe Ginestet, son fondateur, actionnaire majoritaire par le biais de la holding familiale. La direction et les décisions stratégiques demeurent solidement ancrées à Villeneuve-sur-Lot, berceau historique de l’entreprise.

Le contexte, cependant, a changé. Face à la montée en puissance de la concurrence et à l’évolution des modes de consommation, la question d’un changement de main se pose sérieusement depuis 2024. Plusieurs acteurs économiques s’intéressent au dossier. Parmi eux : Weinberg Capital Partners, un fonds d’investissement influent, et Alexandre Zouari, déjà à la tête de Maxi Bazar et Stokomani, qui pourrait choisir d’élargir son influence sur le marché du discount.

Pour l’heure, la famille Ginestet reste aux commandes : aucune cession n’a été actée, mais la possibilité d’une évolution de la structure capitalistique n’est plus exclue. Les discussions se poursuivent, avec prudence et sans précipitation. La transmission du flambeau, longtemps impensable, est désormais envisagée comme une option à part entière, au gré des négociations en cours et des besoins financiers du groupe.

Entre difficultés financières et défis du marché, où en est Gifi ?

Gifi fait face à une période délicate. Depuis plusieurs années, les difficultés financières s’accumulent : augmentation des coûts de l’énergie, pression constante sur le pouvoir d’achat, et essor fulgurant de la vente en ligne fragilisent le modèle traditionnel de l’enseigne. Pendant longtemps, son réseau dense de plus de 570 magasins, disséminés dans toute la France, a constitué un avantage décisif. Aujourd’hui, cette présence massive pèse lourd sur les charges et sur la souplesse de l’organisation.

Ces derniers temps, la stagnation du chiffre d’affaires suscite de réelles inquiétudes. Les bilans récents font état de ventes qui plafonnent, alors même que la concurrence se muscle : Action, Centrakor, Stokomani ou encore les grandes chaînes alimentaires redoublent d’efforts pour séduire les consommateurs à la recherche de petits prix. Sur le terrain, chaque point de vente doit désormais prouver sa rentabilité, et la bataille se joue à la fois sur l’offre, la localisation et la gestion quotidienne.

Les équipes, sous la direction de Christophe Mistou puis de Philippe Brochard, cherchent à renouveler l’offre tout en gardant l’esprit d’origine, celui du soldeur « d’idées de génie ». Trouver l’équilibre entre prix attractifs et produits pour la maison ou la famille reste un enjeu majeur. Les arbitrages s’enchaînent sur les références, notamment dans l’alimentaire et l’équipement de la maison, qui pèsent lourd dans le panier moyen. Dans ce contexte, la perspective d’une vente de Gifi s’impose désormais comme une question stratégique, et non plus un tabou.

Jeune femme souriante devant une vitrine de magasin

Quelles perspectives pour Gifi face à la crise actuelle ?

L’éventualité d’une vente de Gifi, évoquée dès le printemps, cristallise l’attention du secteur. Le groupe Philippe Ginestet explore activement la piste d’un partenaire ou d’un repreneur capable d’insuffler une nouvelle dynamique au réseau de 570 magasins. La question ne porte plus vraiment sur la cession elle-même, mais plutôt sur ses modalités : quel prix, quelle stratégie, et surtout, quel avenir pour l’enseigne ?

Plusieurs candidats surveillent le dossier de près. Carrefour s’est penché sur le sujet, désireux de renforcer sa présence dans le discount. Weinberg Capital Partners, déjà impliqué dans la distribution, suit l’évolution des discussions. Alexandre Zouari, propriétaire de Maxi Bazar et Stokomani, évalue quant à lui les synergies potentielles : mutualisation des achats, optimisation de la logistique, rationalisation des points de vente.

Dans ce contexte tendu, l’avenir de Gifi dépendra de la capacité de ses dirigeants ou de futurs repreneurs à moderniser l’offre, à accélérer la transition numérique et à dynamiser l’expérience client. Tout l’enjeu sera de rester fidèle à l’identité de l’enseigne tout en comblant le retard sur le digital et l’omnicanal. Les scénarios envisagés vont de l’intégration à un grand groupe à la constitution d’un nouvel acteur indépendant du discount.

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Salariés, fournisseurs, collectivités locales, tous les partenaires du réseau Gifi scrutent l’issue des négociations. Le secteur du discount, ébranlé par la baisse du pouvoir d’achat et le succès de la seconde main, guette le mouvement qui fera basculer la partie. Impossible de prédire qui tiendra la main gagnante, mais une chose est sûre : la prochaine étape s’écrira à hauteur d’hommes, de territoires et de nouveaux équilibres.

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